Reportage indépendant, grilles plus nettes
Un poète japonais du XIIIe siècle révèle une tempête solaire confirmée par la science moderne

Le journal intime d’un courtisan japonais du XIIIe siècle a récemment fait l'objet d'une attention particulière de la part des scientifiques. En effet, Fujiwara no Teika, poète influent de la cour impériale, a noté dans son Meigetsuki des lumières rouges observées dans le ciel nocturne en février 1204 au-dessus de Kyoto. Ces lumières, à cette latitude, correspondent à des aurores polaires particulièrement intenses, généralement causées par des éjections de particules solaires frappant la magnétosphère terrestre.
Une étude interdisciplinaire
Ce témoignage historique, longtemps considéré comme une curiosité littéraire, a attiré l’attention de la professeure Hiroko Miyahara de l’Institut de science et technologie d’Okinawa (OIST). Son équipe a cherché à vérifier si des preuves physiques pouvaient corroborer cette observation vieille de plus de 800 ans.
Analyse des troncs d'arbres
Pour cela, les chercheurs ont examiné des troncs d’asunaro, un type de cèdre japonais, exhumés dans la préfecture d’Aomori, au nord du Japon. Lorsqu'une tempête solaire se produit, les protons éjectés par le soleil augmentent la production de carbone 14 dans la haute atmosphère. Cet isotope radioactif s'intègre dans les cernes de croissance des arbres, où il reste mesurable pendant des siècles.
Un pic de carbone 14 découvert
En comparant les concentrations de carbone 14 dans les cernes des arbres, l'équipe a détecté un pic significatif daté entre l'hiver 1200 et le printemps 1201. Ce pic, détaillé dans une étude publiée dans les Proceedings of the Japan Academy, Series B, correspond à ce que les spécialistes désignent comme un événement protonique solaire sub-extrême, représentant entre 10 et 30 % de la puissance des épisodes solaires les plus violents jamais enregistrés.
Une période solaire active
La période 1190-1220 se révèle particulièrement active sur le plan solaire, avec plusieurs éruptions détectables dans les cernes de bois. Cette découverte ne se limite pas à la simple curiosité historique ; elle a des implications importantes pour notre compréhension actuelle des événements solaires.
Implications pour la technologie moderne
Les événements protoniques sub-extrêmes se produiraient plus fréquemment que les épisodes majeurs, mais ils sont souvent mal documentés en raison du manque d'archives fiables. En affinant leur capacité à détecter ces éruptions passées, les chercheurs améliorent leur estimation de la fréquence à laquelle elles se produisent, ce qui permettrait de mieux évaluer les risques pour les réseaux électriques, les satellites et les systèmes de navigation actuels.
Une approche interdisciplinaire enrichissante
L'étude de l'équipe de Miyahara illustre la richesse d'une approche interdisciplinaire où la poésie médiévale, la dendrochronologie et la physique nucléaire se rejoignent pour reconstituer la mémoire climatique de la Terre. D'autres journaux historiques, tant en Asie qu'en Europe, pourraient receler des indices similaires encore inexploités.
Conclusion
La découverte de cette tempête solaire médiévale, corroborée par des écrits historiques et des analyses scientifiques, démontre l'importance de croiser différentes disciplines pour mieux comprendre notre histoire climatique. Elle souligne également la nécessité de préserver et d'explorer les archives anciennes qui pourraient encore révéler des secrets sur notre environnement.

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